DSK promet d'engager un "pacte de l'Elysée"
AP | 16.10.06 | 15:27
PARIS (AP) -- C'est le "pacte de l'Elysée" de DSK: Dominique Strauss-Kahn s'est engagé lundi à lancer dès le début 2007 une vaste négociation avec les partenaires sociaux sur la question du pouvoir d'achat, des retraites ou de la santé au travail s'il était désigné par le PS dans un mois, puis élu à la présidence de la République.
"C'est l'engagement du président de la République, sous son égide, de mettre en place une négociation qui redéfinisse ce qu'est le compromis social dans notre pays", a-t-il exposé lors d'une conférence de presse à l'Assemblée. Et le candidat n'entend pas perdre de temps: s'il était désigné par les militants du PS en novembre, il engagerait les discussions avec les partenaires sociaux "dès le début de l'année 2007", soit avant le scrutin présidentiel.
Ce "pacte de l'Elysée" porterait sur un "ordre du jour large": le pouvoir d'achat, avec l'augmentation du Smic et des autres revenus; la création d'une "sécurisation professionnelle" face aux "accidents des carrières" et pour permettre à "chaque salarié d'avoir dans sa vie la possibilité d'un an de formation"; les retraites, en prenant en compte la pénibilité; la santé au travail.
Autant de mesures qui figurent dans les grandes lignes dans le projet du PS et que DSK s'est gardé de détailler, renvoyant à la négociation. Agacé qu'on l'imagine régulièrement Premier ministre d'une Ségolène Royal présidente, il a affirmé que ce "pacte" ne saurait être mis en oeuvre depuis Matignon: "c'est le président qui doit organiser le retour à la confiance et redéfinir le compromis social", a martelé ce partisan d'un "président qui agisse".
A la veille de sa première grande confrontation télévisée avec Ségolène Royal et Laurent Fabius sur les questions économiques et sociales, l'ancien ministre de l'Economie a profité de ce point de presse aux allures de cours magistral pour détailler ses idées face au "risque de déclassement" de la France. Des propositions qui "précisent" le projet du PS, dont il s'est parfois affranchi.
Il a ainsi proposé de créer un "fonds de réindustrialisation" face aux délocalisations, d'obliger les entreprises qui licencient alors qu'elles font des profits à continuer à verser la taxe professionnelle pendant trois ans. Il souhaite aussi contraindre les entreprises de plus de 200 salariés à embaucher un quota d'apprentis ou rendre les soins gratuits "pour le million d'enfants pauvres".
Au passage, Dominique Strauss-Kahn s'est dit "très fier" du soutien apporté par l'ancien ministre PS de la Justice Robert Badinter.
