Dominique Strauss-Kahn à Libercourt, en champion de la social-démocratie
Dominique Strauss-Kahn a conclu hier soir à Libercourt un périple à travers le Pas-de-Calais qui l’a emmené de Boulogne au bassin minier via Béthune.
Devant trois cents militants et sympathisants réunis à l’espace Léon-Delfosse, il a répété son ambition de faire de la France une social-démocratie moderne.
Dans la campagne interne du Parti socialiste, le Pas-de-Calais n’est certes pas majoritairement acquis à la cause de DSK mais celui-ci bénéficie de supporters de poids en la personne des maires de Libercourt, Carvin et Oignies. Des militants aussi croient en lui : « C’est le meilleur gestionnaire, il n’a jamais fait d’effet annonce. C’est une force tranquille qui a l’envergure de représenter la France », apprécie Gervais, de Leforest. « Sa force est de s’exprimer clairement, simplement et de mettre en avant le projet socialiste », note Olivier Lasak, secrétaire de la section de Noeux.
Arrivé avec une demi-heure de retard (sans Anne Sinclair), Dominique Strauss-Kahn a fait entendre sa différence dans le concert interne au PS. Une différence de plus en plus audible, selon lui : « Je sens que les choses bougent depuis début octobre. Tout est ouvert, rien n’est acquis pour personne. » Le projet DSK est ciblé sur une priorité qui est celle des Français, « angoissés pour eux et leurs enfants » : l’économie et le social. Objectif : « le plein emploi en moins de 10 ans ». Et de citer l’exemple du gouvernement Jospin qui avait su en son temps « retrouver la confiance ». Pour y parvenir, DSK parie sur la social-démocratie, c’est dire « gouverner la société en avançant étape par étape, en faisant passer les réformes par la négociation, pas par la loi. » Ainsi des 35 heures, revendiqués sur le fond mais pas sur la forme : « On a fait ça à l’ancienne, à la Napoléon ».
La méthode DSK ? « Réunir le patronat, les syndicats et l’État qui fait évoluer le rapport de force vers les syndicats ». À appliquer aux grands enjeux de la société : la santé, les retraites, la revalorisation des carrières… Cette méthode à un nom : le pacte de l’Élysée, car le président de la République y joue un rôle moteur : « il est engagé, c’est un capitaine qui gouverne le navire, qui assume tout ».
DSK n’a évoqué ses rivaux que pour éreinter certaines de leurs propositions, secondaires à ses yeux (le SMIC à 1 500
Après avoir répondu à quelques questions du public, le député du Val d’Oise est reparti comme il est venu : sous les acclamations, au son de son tube de campagne, « Strauss Kahn y va gagner ». Un tube que ses fans espèrent encore chanter après le vote des militants. • CHRISTOPHE LE COUTEUX